Home > Actualités > Une réponse politique maintenant !!
Partager :
23.10.2026

Une réponse politique maintenant !!

23.10.2026 -
24 octobre : La Confédération paysanne de la Loire appelle à une réponse politique, pas une réponse répressive ! La première réaction du gouvernement doit être celle de prendre en compte les revendications exprimées, pas d’accentuer la violence répressive et faire appel à l’armée. Instrumentaliser le « chaos » pour préserver le statu quo est irresponsable.

 

 

Communiqué de presse


 

24 octobre : La Confédération paysanne de la Loire appelle à une réponse politique, pas une réponse répressive.

La Confédération paysanne appelle à se mobiliser massivement le 24 octobre pour remettre au centre du débat public les revendications légitimes exprimées par une grande partie de la population : des moyens pour l'éducation nationale et les services publics, des perspectives d'avenir pour la jeunesse, une revalorisation du travail, une réponse des pouvoirs publics à la hauteur face à l'urgence climatique ressentie jusque dans nos corps et nos fermes…

Ces dernières semaines sont des moments puissants de convergence des luttes. Les mêmes causes produisent hélas les mêmes effets délétères que nous vivons qu'on soit lycéen·ne, paysan·ne, travailleur·euse précarisé·e, artisan·e, petit commerçant, autoentrepreneur·euse ubérisé·e…Nous ressentons collectivement l'injustice des inégalités et des cadeaux fiscaux aux plus riches et aux multinationales, l'abandon des services publics, l'inquiétude viscérale face à l'avenir que ce soit pour les perspectives éducatives, professionnelles, économiques et climatiques. Ce n'est pas un hasard si la mobilisation actuelle a tiré son énergie à partir des mouvements lycéens, une jeunesse dite « sacrifiée » à la croisée de l'urgence sociale et climatique.

Nous, paysannes et paysans, sommes solidaires et parties prenantes du mouvement social car nos fermes, nos animaux, nos corps souffrent suite aux conséquences de cet été caniculaire et un plan gouvernemental CASI loin d'être à la hauteur de l'urgence. La réalité dans nos campagnes, c'est une détresse généralisée jamais atteinte. Ce sont des fermetures d'exploitation, des cancers, des drames humains, des suicides qui se multiplient au nom d'un ordre économique d'une violence extrême. Quand l'État devient plus garant de l'ordre que de la justice, nous ne pouvons que nous mobiliser pour faire entendre notre voix et donner encore plus de force au mouvement social en cours.

Depuis 10 ans, le mépris systématique de l'État en réponse aux expressions populaires a aboutit à une véritable mise à sac des fondements de la démocratie. L'absence de débouchés concrets aux différentes voies de la démocratie ces dernières années alimente une colère régulièrement débordante.

Les 20 000 cahiers de doléances et plus d'un million de contributions lors du mouvement des gilets jaunes, l'absence de traduction concrète d'ampleur de la convention citoyenne pour le climat, la négation totale du mouvement d'opposition à la réforme des retraites soutenue par la grande majorité de la population, les passages en force successifs sur des projets écocidaires (A69, A412, centrale à bitume de Boën-sur-Lignon, centre de traitement des déchets à Mably…) ou sur des lois décriées (pétition contre la loi Duplomb ayant regroupé plus de 2 millions de signatures), la dégradation des conditions dans l'éducation nationale et dans les services publics en général, la marginalisation permanente des quartiers populaires, zones rurales et territoires ultramarins, la continuité d'un gouvernement maintenu et soutenu par l'extrême-droite après des résultats électoraux contraires en juin 2024, la prise en compte plus qu'insuffisante de la détresse paysanne face aux revenus dégradés et aux épisodes caniculaires de cet été, sont autant d'exemples où l'expression démocratique n'a abouti à aucun changement concret pour la population.

Pire, la direction prise par le gouvernement est allée le plus souvent contre l'intérêt général et s'est accompagnée d'une répression féroce des mouvements sociaux, écologiques, lycéens, menant à des blessures et traumatismes graves de nombreux manifestant·es.

Le cadrage médiatique actuel sert en grande partie à éclipser les revendications du mouvement social et occulte la violence institutionnelle qui a accentué les inégalités ces dernières années. Parler seulement du maintien de l'ordre ne permet pas de questionner si l'ordre actuel est juste ou non. La colère tire sa source de l'injustice, son premier moteur. Le risque de l'excès de colère est celui de mener à des débordements, dégradations, violences, surtout quand la doctrine du maintien de l'ordre ne fait rien pour apaiser les tensions, pire les provoque.

Or, quand un ordre est injuste, le désordre devient préférable pour beaucoup des opprimé·es. Mais, une fois cela déploré, deux options pour agir existent : la répression étatique pour faire taire les expressions populaires pour mener les personnes à l'impuissance, ou répondre aux causes de la colère en agissant dans le sens de la justice sociale et climatique. Le choix de la répression au nom d'un ordre sacralisé vise à perpétuer les privilèges des dominants : milliardaires, financiers, bourgeoisie économique, générations anciennes ayant acquis une sécurité patrimoniale et économique ; au détriment des personnes démunies, précaires, appauvries, de la jeunesse, des populations des quartiers populaires, des DROM et des zones rurales et des travailleur·euses.

En organisant consciemment la confusion entre le maintien d'un ordre libéral injuste et le besoin de sécurité, on pave la voix au fascisme et au glissement autoritaire le plus abject. Le besoin de sécurité de la population est un besoin fondamental qui ne doit pas être dévoyé : sécurité d'un avenir pour les jeunes, sécurité d'avoir un travail dignement rémunéré, sécurité d'accès aux soins – à l'éducation, sécurité énergétique, sécurité face aux violences sexistes et sexuelles, sécurité de ses droits (droit à l'alimentation, droit au logement, droits culturels, droits paysans, droits syndicaux, droit de manifestation…)

La Confédération paysanne rappelle donc avec force que la première réaction du gouvernement doit être celle de prendre en compte les revendications exprimées de justice sociale et climatique, pas d'accentuer la violence répressive et faire appel à l'armée comme annoncé. Instrumentaliser le « chaos » pour préserver le statu quo serait irresponsable.

La responsabilité de l'État est de faire redescendre le niveau de violence plutôt qu'attiser le feu, qui est l'expression d'un débordement des colères accumulées. Mener à l'impuissance la population, organiser la division et désigner des bouc-émissaires, comme depuis 10 ans, est une vision court-termiste du gouvernement car l'impuissance est le deuxième moteur de la colère qui continuera à couver et à exploser.

Nous appelons le gouvernement à prendre la mesure de la situation et d'enfin cesser de mépriser tous les espaces d'éducation populaire, d'expression démocratique et les corps intermédiaires. Il est grand temps de donner une issue concrète et politique aux revendications légitimes exprimées !

Contacts :

Nicolas Clair 06 31 14 36 31

Pierre-Marie Delangle 06 74 98 38 57

Rémi De Demo 06 77 92 49 75


 

CAMPAGNES SOLIDAIRES
NOUS CONTACTER Confédération paysanne de la Loire